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L'hôpital de Molsheim

Hôpital de Molsheim
Hôpital de Molsheim

Présentation

L'Hôpital de Molsheim constitue un ensemble gériatrique qui comprend :

  • un secteur de Soins de Suite et de Réadaptation de 30 lits et 4 places d'hôpital de jour,
  • un secteur de Soins de Longue Durée (EHPAD) de 30 lits
  • un secteur de Maison de Retraite (EHPAD) de 164 lits dont 16 lits dédiés à l'accueil des résidents atteints de la maladie d'Alzheimer ou apparentée et
  • un secteur de Soins à Domicile (SSIAD) de 47 places.

Coordonnées

Hôpital de Molsheim
5 Cour des Chartreux
67120 MOLSHEIM
Téléphone03 88 49 70 70
E-mailhopital.local.molsheim@wanadoo.fr

Historique

L’hôpital de Molsheim a été fondé en 1316 par l’évêque de Strasbourg, Jean Ier de Dirpheim. A partir de cette date, il se trouva successivement installé dans différents immeubles de la ville, et c’est seulement au milieu du XIXe siècle que fut réalisé le dernier déménagement qui devait amener l’établissement dans ses locaux actuels, au coeur de l’ancien couvent des Chartreux.

L’Hôpital de la Vierge

Le premier hôpital doit sa création à une épidémie de peste qui fit des milliers de victimes et fut suivie d’une effroyable famine. Afin de secourir les pauvres et invalides qui se traînaient sur les routes, l’évêque J. de Dirpheim (1306-1328) fonda un hospice dans notre cité : il ne s’agissait pas pour lui de venir en aide uniquement aux habitants de Molsheim, mais de créer un grand hôpital régional où « tous les pauvres et débiles, mais avant tout les hommes du diocèse de Strasbourg, dépourvus de biens et de droits, pourront trouver les subsides de la charité ».
Les travaux de construction semblent avoir débuté le 6 septembre 1316 et l’évêque prit en main les opérations avec un dévouement remarquable. Afin de financer les ouvrages, il céda à l’établissement plusieurs maisons et terrains sur le territoire de Molsheim, et encouragea les gens fortunés à faire des donations. Au printemps 1319, les principaux bâtiments étaient terminés, y compris une chapelle dédiée à la Vierge, dans laquelle J. de Dirpheim créa un chapitre collégial de sept prêtres.
Désirant assurer l’avenir de son oeuvre, le prélat accorda de nombreux avantages à cet hôpital : il le prit sous sa protection spéciale et l’affranchit de toutes corvées ou redevances. A sa demande, le pape Jean XXII confirma par une bulle de 1324 tous les privilèges et exemptions de l’hospice. Dans la région, le Grand Hôpital de Strasbourg était le seul établissement à disposer de franchises aussi étendues.
Après sa mort survenue le 6 novembre 1328, J. de Dirpheim fut enseveli dans la chapelle de l’hôpital qu’il avait fondé. Cet édifice a disparu de longue date, mais le magnifique gisant polychrome de l’évêque est encore visible de nos jours dans l’église des Jésuites (1615-1617), à l’emplacement même du sanctuaire médiéval.

Du Moyen Âge aux Temps Modernes

L’hôpital prospéra également sous les successeurs de J. de Dirpheim : entretenu grâce aux dons de terres, prés ou vignes faits en sa faveur, il se trouva à la tête d’un grand domaine agricole dès la fin du XIVe siècle, et disposait alors de biens et de revenus dans près de quarante localités de Basse-Alsace !
Dans les années 1420, la chapelle était fréquentée par tant de monde que le curé de Molsheim s’en plaignit auprès de l’évêque, précisant que l’église paroissiale était quasi déserte, abandonnée par ses ouailles au profit de celle de l’hôpital. Pourtant, un siècle plus tard, suite à une administration relâchée et à l’essor du protestantisme, la chapelle fut délaissée à son tour : possessions et redevances de l’hospice échurent au collège des Jésuites, qui lui succéda à partir de 1580...
En léthargie pendant quelques décennies, l’établissement réapparaît au début du XVIIe siècle sous le nom d’hôpital des bourgeois ; il est alors implanté dans une grande bâtisse située à l’angle de la rue de la Boucherie et de la rue Saint-Georges (aujourd’hui Boulangerie Gebhard). A cette époque, il cohabite à Molsheim avec un hospice pour les pauvres passants, implanté dans l’actuelle rue du Général Streicher, et une léproserie sise hors la ville, au-delà de la Bruche, sur la route de Dachstein.

Les vicissitudes du XIXe siècle

A la veille de la Révolution, la richesse immobilière de l’hôpital provient d’un legs effectué en 1730 par la veuve Scheffmacher, née Elisabeth Jenner, à charge pour l’établissement de loger gratuitement quatre dames seules, dans le besoin. Mais les bénéficiaires de cette « Fondation Jenner » ne représentaient qu’une infime partie de la population accueillie à l’hospice. Dans la première moitié du XIXe siècle, l’essentiel des admissions concerne des vieillards et quelques enfants pauvres ou abandonnés.
Par ailleurs, les malades et les personnes âgées bénéficiaient, depuis 1829, des soins dévoués que leur prodiguaient les Soeurs de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul. Devant l’augmentation régulière de la population de l’hospice, l’exiguïté des locaux posa un certain nombre de problèmes qui allaient être résolus en 1842 par le transfert de l’établissement dans les bâtiments de l’ancienne Chartreuse.
La Révolution avait, en effet, scellé le destin de cet illustre monastère qui s’était implanté à l’intérieur des remparts de la cité deux siècles plus tôt. Les Chartreux furent dispersés dès 1792 et l’ensemble de leurs biens - cellules, cloître, dépendances - fut vendu en 1796. Mais ce n’est qu’un demi-siècle plus tard, le 1er oct. 1842, que la maison Muckensturm (ancienne « recette » de la Chartreuse) fut acquise pour la somme de 18.000 frs, afin d’abriter l’hôpital local.

L’hôpital actuel

Au fil des ans, ces immeubles s’avérèrent insuffisants ; en 1910 et en 1934 furent érigés, parallèlement à la rue de l’Hôpital, deux bâtiments respectivement pour une Maternité et une section de Médecine. Une nouvelle extension fut rendue possible en 1954 par l’acquisition d’une propriété contiguë, la maison Bastian (ancienne « hôtellerie » des Chartreux), qui permit d’aménager en continuité de l’hôpital une section de maison de retraite.
Depuis la fermeture de la maternité en mars 1977, et l’arasement des locaux annexes quelque temps plus tard, l’Hôpital Local de Molsheim est composé de trois pavillons :

  • le Chartreux (bâtiment du XVIIIe siècle, humanisé dans les années 1980),
  • le Saint-Jean (ancienne maison de retraite pour valides, inaugurée en 1971),
  • le Saint-Bruno (ancienne unité de soins normalisée, construite en 1978) dont la surface a été doublée en 1992/93.

Actuellement, cet établissement spécialisé en gériatrie - 224 lits en 1998 - emploie près de 110 personnes et offre deux types de services : services sanitaires (moyen et long séjour) et services sociaux (maison de retraite médicalisée). Au terme d’importants travaux de modernisation, il permet d’accueillir des malades et des personnes âgées au coeur de la cité.

Grégory OSWALD

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