« Ma
mère, Ma vie, Maman Mon père
emprisonné… Vit-il bien sur un banc Maman vous vous baignez Vos bas couleurs d’iris Vos cuisses
trésor caché Sous l’avalanche de lys Sur un radeau
rêvé »
Extrait de « Ma mère, Ma vie, Maman »,
Michel Burg *
« Je
bois un café, dehors il fait gris Et les gens ont l’air
bien. Ma Mère raconte
sa vie à ma soeur Mais il me semble que je
me répète Au revoir vous !
»
Extrait de « Le petit déjeuner
», Michel Burg *
«
Nous avons choisi la dissolution dans le
spectacle. L'odyssée de la chair. Les nuits de
bleuets dans les blés. Les clairs de vie des
simples quand les mots sont déposés.
Sait-on où nous allons,
cathédrales de
sang dans l'été lumineux ? Il semble qu'une
grappe de jours à consumer ensemble suffise à
apaiser le temps.
Puis écrire revient subrepticement et
repousse le monde dans la ferveur attentive.
Poème, prince feu follet à la pointe de vivre. »
Extrait de « T'aimer est mon pays », Michel
MONNEREAU
1er Prix de l'Edition, 2000
«
Un petit point dans l’infini
Une goutte d’eau dans l’océan
Mais j’ai au
moins la grande chance
D’être une goutte d’eau de mer
Plutôt que des larmes amères
Bientôt
mes ailes sortiront
De leurs bourgeons et je pourrai
Enfin m’élever jusqu’à toi
»
Dominic DESCHENES (Canada)
Prix de la francophonie, 2006
«
Un vase sans fond qui se brise
Dans la profondeur des fôrets ;
Les enfants sauvages glissent leurs ombres,
Et sous l’aube
feutrée gronde
L’irrésistible crescendo
Des verdures sidérantes.
Prière
aux espaces intérieurs
De mettre le bas Dehors.
»
Printemps, Raphaël HEYER
Prix Michel Burg, 2000
« Bételgeuse rouge
Sirius bleu
Rigel blanche
Mes pieds
posés sur les draps comme des nénuphars
glissent comme la fatigue dans mes cuisses
glissent comme la maison dans l’espace
dans l’alignement aléatoire de la ceinture d’Orion
La neige creuse
l’espace, gratte en dedans
La neige crisse dans ma tête
La neige écume
La neige fait silence
»
Neige, Fabienne WETTERWALD
1er Prix de l'Edition, 2002
« A la sereine émergence,
De l’intime, et du grand,
De la force, et du Sens
A la flamme de saint Jean, ou le phénix renaissant...
Au-delà
du silence, au-delà du frisson,
veille la Présence dépassée.
Au seuil du
Verbe, témoin de la pierre,
L’eau, la lumière,
et les promesses tenues.
»
J-B ESTADIEU
Prix Michel Burg, 2002
« Essentiel
N’est pas la déchirure
Ni la souffrance de la déchirure
Lorsque les gouffres se creusent
Essentiel
Est l’aiguille qui court
Les liens qui se tissent
Et les murs qui s’abattent
Le
poète est
L’une de ces aiguilles
Au chas imperceptible
»
Jean-Christophe MEYER
1er Prix de l'Edition, 2004
« Les yeux que je regarde dans les yeux
Traversent
Sans miroir d’une cadence urbaine
La musique de ma tête.
Plus de part
Ici seul j’allonge la lueur exotique en partance
Au bas d’épaules cendrées
Les hommes sont des croches sans mesure
Esclandres à mes flancs de mercure fatigué.
Dans mon ampoule je titube
L’aération de gestes chasseurs sur les ciels
Papillons de voix lourdes mais volantes
Près du sommeil
DE L’HIRONDELLE RÊVANT D’AFRIQUE.
» Julien STARCK
Prix Michel Burg, 2004
« Chacune de tes caresses a laissé un bleu si
profond dans ma chair !
A l’instant de ma dissolution les poissons se glisseront dans ces bleus
écaillés.
Tes caresses,
une à une là,
Une à une envolées,
Se rejoignent et créent l’essence de ta main.
» Claire DEUTSCH
Prix Michel Burg, 2006
«
Haïku :
roses puis roses encore
aux montagnes
qu’a t-on pu chuchoter ?
» Jean-Baptiste BERNARD
Prix Michel Burg, 2006
«
«
Nous n’avons pas fait l’amour, seulement ces mouvements qui nous
échappent. »
La nuit est un puits. L’instant sa margelle. La coupe du rêve
balance aux premiers mots et dégringole. Et sur les pierres
se fissure. Les cabines d’essayage. Pose ta bouche sur celle d’un
rêve. A sa transparence, donne couleur de buée. La
houle de l’effacement te le retire, intacte, comme si jamais tu ne
l’avais connu. Tu ne te souviens que des tessons,
l’éclatante clarté de la brisure,
écume d’avant l’éblouissante
ténèbre où tes mains cherchent en vain
la cambrure d’une ombre.
» Extrait de "Chant 23.", Julien HERTZ
1er Prix de l'Edition, 2006
« Au quartier de la folie passagère Se baladent deux bizarres funambules Ils voguent sur un fil Ils roulent vers le bleu L’un est un grain de sel L’autre un grain de sucre Ils ont la même couleur Ils ont le même goût Surtout pendant l’amour... Ils n’ont plus la différence Ils ont juste un grain Celui de la folie passagère Celui de l’amour coloré.
»
« La folie passagère »,
Michel Burg *
*
Poète décédé tragiquement
à
l'âge de 21 ans. Le prix qui porte son nom rend hommage
à
sa mémoire et se veut un encouragement à de
jeunes et
prometteurs lauréats de sa génération.